Phare de l'île False Duck
Description
Le phare de l’île False Duck est une installation automatisée construite dans un but précis. En forme de cœur de pomme, la construction consiste en une haute et étroite tour hexagonale s’élargissant vers le sommet et comportant, en alternance, des bandes horizontales rouges et blanches. Les caractéristiques à remarquer sur cette tour sont les élévations dépouillées de la structure, ponctuées par des baies rectangulaires, et une étroite bande de fenêtres sous le toit de la pièce située tout en haut du phare, sur laquelle repose une balise. La tour est reliée à un bâtiment adjacent abritant une corne de brume. Le phare de l’île False Duck se trouve sur une petite île de la baie du Prince-Édouard, à l’extrémité est du lac Ontario. La désignation porte uniquement sur le tracé au sol de la tour et du bâtiment abritant la corne de brume.
Valeur patrimoniale
Le phare de l’île False Duck est un édifice fédéral du patrimoine reconnu en raison de son importance historique, de l’intérêt qu’il présente sur le plan architectural et de la place privilégiée qu’il occupe dans son milieu.
Valeur historique
Le phare de l’île False Duck illustre très bien le thème des aides à la navigation dans les Grands Lacs. La tour de phare est construite en 1965-1966 pour remplacer la tour en pierre d’origine, qui a subi des dommages structurels en raison de la foudre. Le phare fait partie d’une série de structures indiquant l’approche vers Kingston. Il est construit dès le départ comme un phare entièrement automatisé, et représente donc une étape importante dans l’évolution de ce type de construction. En effet, le concept de phare automatisé, dans le contexte de modernisation, entraîne des innovations qui rompent avec les traditions.
Valeur architecturale
Le phare de l’île False Duck est l’un des premiers phares en forme de cœur de pomme. Il est d’ailleurs un très bon exemple de ce type de construction. Conçu d’après un premier prototype construit au cap Fourchu, à peu près au même moment, le phare de l’île False Duck retient l’attention en raison de la pureté de sa forme et de sa géométrie en général. Son plan répond très bien aux exigences fonctionnelles d’un phare automatisé. L’absence de lanterne, caractéristique peu commune, montre qu’il est le fruit d’une réflexion poussée et rappelle l’importance accordée à l’aspect fonctionnel durant les années 1960. La structure de pylône autoporteur est un concept d’ingénierie plutôt novateur pour l’époque. Elle permet de restreindre le tracé au sol de la construction, qui n’a besoin que d’un seul point d’appui. La tour de phare et le bâtiment abritant la corne de brume ont été construits à l’aide de matériaux durables et courants à l’époque. Ils sont d’ailleurs toujours en bon état, ce qui atteste de la qualité du travail. Érigée selon les plans de Lorence E. Slaght, du ministère des Transports, la tour de phare représente une réalisation unique et importante dans la carrière de celui-ci.
Valeur environnementale
Le phare de l’île False Duck est une construction isolée sur une plage quelconque, ce qui fait qu’elle cadre avec le caractère maritime de l’environnement. Peu après que le phare ait été allumé, l’ancienne tour en pierre, le bâtiment abritant de l’équipement et les résidences des deux gardiens ont été démolis. Le lien entre la tour, le bâtiment adjacent abritant la corne de brume et l’emplacement, un terrain défriché près de l’eau, a été conservé, même si une clôture et des panneaux solaires ont été ajoutés ultérieurement. Le phare est bien connu par les personnes qui naviguent dans le secteur (il s’agit surtout de plaisanciers). Il est également un point d’intérêt dans la petite collectivité de South Bay, qui expose l’ancienne lanterne au Mariners’ Park Museum (musée du parc des marins).
Éléments caractéristiques
Les éléments caractéristiques du phare de l’île False Duck comprennent entre autres ce qui suit :
Les éléments qui illustrent le thème des aides à la navigation dans les Grands Lacs, notamment :
— L’emplacement stratégique de la structure, en tant qu’aide à la navigation dans la baie du Prince Édouard et partie intégrante d’un réseau de phares guidant les navires vers Kingston.
Le grand esthétisme, l’excellente conception fonctionnelle et la bonne qualité du travail et des matériaux, comme en font foi :
— La masse épurée et évocatrice de la structure, consistant en une étroite tour hexagonale s’élargissant vers le sommet pour inclure une pièce. Sur le toit de cette pièce se trouve une balise au lieu d’une lanterne.
— La simplicité de la tour, sans aucun ornement, qui est ponctuée de baies rectangulaire éclairant l’escalier intérieur en colimaçon et comporte une étroite bande de fenêtres sous le toit.
— La structure de pylône autoportant, permettant de restreindre le tracé au sol et de n’avoir qu’un seul point d’appui.
— L’absence de la lanterne traditionnelle et de la coursive, caractéristique rappelant que la structure est automatisée et reflétant l’importance accordée à l’aspect fonctionnel dans les années 1960.
— Le passage discret reliant la tour au bâtiment abritant la corne de brume, aussi hexagonal.
— L’utilisation d’une marque de jour identifiable, à savoir des bandes rouges et blanches contrastantes, qui accroissent la visibilité de la structure durant le jour.
— L’utilisation de matériaux durables pour la tour, notamment un corps en béton armé, une base en béton ancrée dans le soubassement rocheux, ainsi qu’un escalier en colimaçon et une échelle de métal, conduisant à une pièce comportant un parement d’aluminium, de même qu’une charpente et un toit de métal.
— L’utilisation de matériaux semblables pour le bâtiment abritant la corne de brume (murs en blocs de béton et toit en métal).
La compatibilité de la construction avec le caractère maritime de l’endroit, et le rôle de point d’intérêt dans la région, comme en font foi :
— L’emplacement bien en vue de la structure, sur une pointe basse, près de l’eau.
— La géométrie de la tour et l’utilisation de rouge et de blanc, caractéristiques typiques pour ce type de phare.
Location
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